
Pour la première fois, l’OVE (Observatoire de la vie étudiante) dresse le profil des conditions de vie des élèves-ingénieurs. Sélectionnés à l’entrée des écoles sur un parcours scolaire d’excellence, ces étudiants vivent aussi beaucoup mieux que les étudiants des universités, grâce entre autres à un bon coup de pouce des parents. Les résultats de cette enquête viennent s’ajouter aux suivis de cohortes régulières sur les étudiants des université, des STS et CPGE et désormais celles des élèves d’écoles d’art.
Les 100 000 élèves ingénieurs se répartissent dans 224 écoles (dont 61 privées). Particularité sociologique relevée par l’enquête de l’OVE : la sur-représentation des enfants de cadres supérieurs, d’industriels et de professions libérales (16% des actifs), pour la moitié des élèves. Un profil socio-économique proche de celui des étudiants de santé.
Les premiers de la classe
Côté profil scolaire, les élèves–ingénieurs se rapprochent de ceux en santé ou en sciences. Sans surprise, 80% ont un bac scientifique. A plus de 80% ils l’ont obtenu à l’heure ou en avance et à près de 80% ils ont obtenu une mention. Les filles – qui ne représentent qu’un quart des effectifs sur l’ensemble mais 60% en agronomie/sciences de la vie – améliorent encore cette excellence scolaire par leurs brillants résultats. « En résumé, les élèves ingénieurs, et plus particulièrement ceux inscrits dans une école privée, sont plus fréquemment issus de milieux sociaux favorisés. Concernant le parcours d’études dans l’enseignement secondaire, ce sont les élèves ingénieurs inscrits en écoles publiques qui se distinguent et présentent le plus souvent des caractéristiques propices à la réussite dans le supérieur (…) L’entrée en école privée constituerait plus souvent un second choix », précise les auteurs de l’enquête.
Moins chez leurs parents, plus en cités U
La moitié des élèves-ingénieurs vivant en dehors du domicile familial habite dans une résidence collective –contre 14% pour les étudiants d’université qui, inversement, vivent pour la moitié d’entre eux en logement individuel. Les élèves des écoles privées habitent quant à eux plus souvent chez leurs parents.
Priorité aux études
Un tiers des élèves-ingénieurs ne travaille pas. Ce privilège n’est réservéqu’à un quart des étudiants d’université. A l’autre extrémité, très peu d’élèves-ingénieurs occupe un travail concurrent de leurs études, contre 15% des étudiants. Les élèves-ingénieurs sont davantage employés pendant l’été et moins pendant l’année que leurs camarades de facs. L’emploi du temps n’explique pas tout. En déclarant étudier en moyenne 40 heures par semaine, les élèves-ingénieurs se retrouvent très proches des étudiants de sciences ou de santé (38) et pas très loin devant ceux de l’université en général (35 heures). La durée de leur travail personnel est en revanche plus important que celui des cours et TP/TD, à l’inverse des élèves-ingénieurs.
Les enfants chéris du supérieur
En comparant les élèves-ingénieurs et les étudiants d’université vivant en dehors du domicile familial, les écarts de ressources sont de 100 euros à l’avantage des seconds. En revanche, les sources de revenus diffèrent considérablement dans chacun des deux groupes. Si les étudiants des universités gagnent leur revenu essentiellement grâce à leur propre activité, ce n’est qu’une part marginale de celui des élèves-ingénieurs. Pour eux, les aides parentales sont prépondérantes : plus de 400 euros mensuels contre 250 pour les étudiants. Les parents des élèves-ingénieurs prennent également en sus davantage en charge le logement, les frais d’inscription, les sorties… « C’est donc moins l’emploi du temps studieux que l’aide des parents qui n’inciterait pas les élèves ingénieurs à exercer une activité rémunérée par ailleurs susceptible de nuire à leur réussite », conclut l’OVE. De quoi tordre le cou également à l’idée selon laquelle les étudiants des université seraient loin des réalités du monde du travail comparés aux élèves sortis des écoles.
Avenir assuré et présent arrosé
Leur avenir professionnel n’a lui non plus rien à envier à celui des étudiants de l’université. Avec 89% des diplômés placés six mois après la fin de leurs études, un taux de chômage parmi les plus bas et des postes stables et bien payés, ils voient plutôt l’avenir sereinement. Pas de quoi gâcher la fête en tout cas. Soirées étudiantes deux fois plus fréquentes que pour les étudiants, sorties en discothèque et aux spectacles sportifs, les élèves-ingénieurs ont une culture « populaire-juvénile » comme la qualifie sobrement l’OVE, assez éloignée des étudiants de sciences humaines et sociale. Plus alcoolisées également…
Source : educpros.fr